Dans les plans ?



Il a certainement été l'un des meilleurs numéros dix de la planète lorsqu'il évoluait en Yougoslavie, puis en France sous les couleurs du FCSM. Mehmed Bazdarevic, surnommé « Mecha », possède l'expérience pour entraîner Sochaux et restait hier le favori dans le coeur des supporters pour assurer l'éventuelle succession de Guy Lacombe. Rencontre avec un artiste du ballon rond, toujours disponible. Dans tous les sens du terme…

“ Mecha Bazdarevic, vous souvenez-vous de vos débuts en Yougoslavie ? ”

En Yougoslavie, c'était exceptionnel. Le championnat était très relevé. Là-bas, tout le monde pratique un sport collectif et surtout le football. À l'époque de Tito, c'était aussi un pays magnifique. J'ai eu la chance d'être découvert et d'entrer dans l'école de foot de mon club : le FC Zeljeznicar Sarajevo à 14 ans.

“ Vous avez marqué 92 buts en 311 matches de 1979 à 1987 avec ce club. Quel est votre meilleur souvenir ? ”

Mon souvenir le plus fort restera notre demi-finale de Coupe UEFA en 1985 où nous avons échoué face aux Hongrois de Videoton qui nous éliminent en marquant à la 95e minute ! Derrière, il y avait tout de même une finale avec le Real Madrid. En plus de 300 matches et huit années avec cette équipe yougoslave, j'ai tout connu jusqu'au titre de meilleur joueur de mon pays. Ce sont des moments très intenses dont je parle avec un immense plaisir.

“ Qu'est-ce qui a motivé votre venue au FC Sochaux-Montbéliard ? ”

Je suis parti à l'étranger pour gagner un peu plus d'argent et vivre une nouvelle expérience. À l'époque, en 86, un international français gagnait huit fois plus qu'un international yougoslave. Je devais partir dans le club de Torino en Italie, c'était presque fait… Et Sochaux a renchéri. Cette équipe était connu dans le monde du football mais, sur une carte de géographie, je ne trouvais rien.

“ Comment s'est passée votre intégration ? ”

Beaucoup de Yougoslaves travaillaient chez Peugeot et j'ai retrouvé Silvester Takac et Faruk Hadzibegic… Au début, c'était un peu difficile pour moi mais, sur le terrain, grâce à la langue du football, on se comprend tout de suite.

“ Le plus beau moment avec Sochaux ? ”

Sans hésiter, la finale de Coupe de France face à Metz en 1988. Cette finale, on devait la gagner, mais il nous a manqué un peu de fraîcheur. Nous avions joué la demi-finale trois jours plus tôt. Avec des joueurs de talent comme Stopyra, Genghini ou Anziani, je pense que nous avons marqué cette période.

“ Pourquoi avez-vous signé avec Nîmes après neuf saisons en Jaune et Bleu ? ”

J'aurais voulu continuer avec Sochaux, mais le club avait une autre orientation. J'ai eu l'opportunité d'un challenge à relever en Coupe d'Europe à Nîmes qui était en National. Nous avons battu un club Hongrois au premier tour. Je me suis ensuite retrouvé à l'Étoile de Carouge en Suisse mais n'insistez pas, j'ai attendu mes papiers pendant trois mois pour ne jouer que trois matches.

“ En 1998, on vous retrouve sur le banc de l'entraîneur de la réserve sochalienne… ”

J'avais envie de rester dans ce milieu. Vous savez, je n'ai jamais vraiment quitté les terrains. J'ai ainsi essayé de transmettre mon vécu à des joueurs de 18 ans avec qui je devais être à la fois rigoureux et proche. Un entraîneur doit former des bons footballeurs mais également des hommes.

“ La saison suivante, vous rejoignez l'équipe professionnelle… ”

Je jouais le rôle de superviseur avec Bernard Genghini et Jean Fernandez. C'est un travail d'équipe qui nous a réussi. Pour l'anecdote, je peux vous dire que nous avons découvert des joueurs comme Mido ou Baros avant tout le monde, mais nous ne pouvions pas lutter financièrement.

“ Vous avez également réussi un exploit avec la réserve en 2002-2003 ? ”

Il fallait que cette équipe monte. C'était important pour le club. Nous avons réussi ce pari et pour moi comme pour tout le staff du centre de formation, c'était vraiment une réelle reconnaissance.

“ Pourquoi avoir ensuite choisi Istres, un club qui tutoyait les profondeurs de la Ligue 2 ? ”

Cette année-là le Bon Dieu était avec nous. Je me suis retrouvé avec une équipe qui tenait la route et, avec mes adjoints, nous avons réussi à donner envie aux joueurs d'aller plus haut. Après un bon début de saison, nous nous sommes accrochés à une dynamique qui nous a permis de monter en Ligue 1. Malheureusement, l'effectif était trop juste pour y rester. Je suis persuadé qu'avec un recrutement plus judicieux, c'était faisable. L'équipe dirigeante prenait hélas beaucoup trop de décisions sans me consulter. C'était devenu trop difficile à vivre au quotidien. Quand, j'ai dit que je partais, les joueurs rigolaient.

“ Vous avez récemment refusé le poste d'entraîneur à Caen. Ne vous focalisez-vous pas trop sur Sochaux ? ”

Dans la vie, on ne peux pas toujours avoir ce que l'on veut… Sinon, j'entraînerais l'AS Rome, j'en rêve depuis que je suis gamin. J'ai refusé Caen, et auparavant j'ai laissé tomber des pistes comme le Standard de Liège ou l'Étoile Rouge en Yougoslavie. Si le destin veut que j'entraîne Sochaux, ce sera merveilleux. Maintenant quelle que soit la décision que prendront les dirigeants, ce sera la bonne. Maintenant, si je me retrouve sans club en L1 ou L2, cela ne me fait pas peur. J'attendrai un coup de pouce du destin…

Propos recueillis par Lionel Vadam pour le Pays

 
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